Ancrée dans les sciences sociales de l’espace — géographie contemporaine en tête —, l’intelligence spatiale traite des enjeux de société en intégrant les problématiques par une approche spatiale fine, subtile et à forte capacité compréhensive.
La question fondamentale de l’intelligence spatiale est la question «où ?», sous ses différents aspects : quels sont les lieux d’un problème ? Quels liens unissent ces lieux ? Quelles sont les distances à prendre en considération ? Comment un problème articule-t-il réseaux et territoires ? Quel est l’espace d’un problème ? Quel capital spatial est en jeu ? Quelles stratégies pour l'accroître, le composer, le valoriser ?
La maîtrise de l'espace est en passe de devenir un facteur stratégique de tous les acteurs de la société. En plus d'autres dimensions, et parfois en remplacement. WhereSciences développe les moyens de cette maîtrise, en posant systématiquement la question : "quelles sont les distances en jeu?" et en essayant de fournir aux acteurs les moyens de les évaluer, par l'élaboration de technologies adaptées.
Associant des concepts innovants, des expertises en pointe, des techniques nouvelles et des données originales pour chaque programme de recherche, les productions scientifiques de WhereSciences sont toujours opérationnelles. Les notions générales explorées sont testées par une application à des cas spécifiques. Un effort d'objectivation est systématiquement réalisé pour parvenir une forme d'universalisation et de standardisation du propos cognitif, via une technique de mesure, de représentation ou de classement. Enfin, un travail minutieux et critique de collecte de données vient compléter le processus de production de la technologie.
Il regroupe des chercheurs internationaux d'horizons académiques divers et développe des programmes de recherche appliquée autour de l'intelligence spatiale. Chacun a pour objectif d'aboutir à la production d'une technologie. Les principaux programmes en cours sont :
Distance — La distance mesure l’écart spatial entre les composantes d’un problème. C’est un obstacle à l’interaction. L’objectif premier de l’intelligence spatiale est de configurer et gérer les distances dans l’objectif de la maîtrise de l’espace.
Lieu — Unité de base du raisonnement en intelligence spatiale. Les lieux entrant en ligne de compte dans une problématique doivent être précisément identifiés. Ils déterminent son extension, ses centralités stratégiques, les échelles pertinentes de son analyse. Les lieux d’un problème sont les leviers concrets de l’action.
Espace — Ensemble des distances en jeu dans un problème. L’espace d’un problème est composé de lieux, de liens, de réseaux, de territoires, de discontinuités, de frontières, et de nombre d’autres objets spatiaux dont les relations mutuelles déterminent un champ de possibles d’une part, et des leviers d’action d’autre part. L’intelligence spatiale vise à donner une description pertinente de l’espace d’une problématique, sans présager à l’avance des lieux concernés.
Capital spatial — Ensemble des ressources spatiales accumulées par un acteur: lieux, réseaux, territoires d’une façon générale. Le capital spatial est une manière d’envisager dans sa dimension spatiale le capital d’un acteur, appréhendé par ailleurs sous l’angle financier, immobilier, relationnel… La fongibilité d’un type de capital en un autre permet d’envisager les choix spatiaux — localisation, croissance à l’international, expatriation…— des entreprises, des institutions ou des individus comme des investissements valorisables.
Stratégie spatiale — Stratégie déterminée et conduite par un acteur en vue d’optimiser son capital spatial pour en améliorer le rendement. La gouvernance stratégique agit sur trois dimensions du capital spatial : son accroissement (enrichir l’espace), sa configuration (améliorer la composition de l’espace), sa gestion (améliorer le fonctionnement de l’espace, les relations productives entre ses composants). L’objectif est la définition de principes structurants de mise en relation réticulaire et de gouvernance territoriale.